S11 - Coprésences, conflits, complémentarités dans les usages des lieux par les touristes et les habitants ; Approches (inter) disciplinaires

S11 - Co-presences, conflicts and complementarities in the uses of spaces by tourists and inhabitants: (inter-) dis

Organisation: Marie DELAPLACE / BARON Nacima / SCHUT Pierre-Olaf

Mots clés : Touristes, habitants, destinations touristiques, conflits

Les usages des lieux sont liés à des mobilités de plus en plus massives et complexes qui s’inscrivent dans des temporalités plurielles. Résidents, touristes, se croisent, se rencontrent,  se lient, se complètent ou entrent en conflit dans ces lieux. La compréhension de ces interactions nécessite d’analyser les activités et territoires au cœur de ces rencontres ainsi que les modes de gouvernance mis en place afin de limiter les éventuels conflits générés par les pratiques de ces habitants aux statuts différents.

La multiplicité des usages marque les lieux visités. Les usages rendent compte des représentations ainsi que des pratiques touristiques et résidentielles. Touristes, excursionnistes, résidents nouent des relations complexes : ils se croisent, interagissent, se confrontent ou s’ignorent. L’appropriation du lieu par ces différentes catégories peut provoquer des conflits d’usage s’inscrivant dans des temporalités diverses (journée, saison, etc.) et ce particulièrement durant des pics de saisonnalité, des évènements exceptionnels, etc..

Ces usages, leur coexistence ou leur confrontation se déploient dans différents types de territoires : des espaces publics ouverts (la plage, les places, les jardins publics, etc.), aux espaces privés fermés (parc d’attractions, complexes hôteliers, etc.). Les territoires touristiques peuvent se transformer en lieux de confrontations et/ou de concurrence pour l’usage des ressources ou l’accès au logement  mais aussi en raison du dimensionnement des réseaux  (réseaux de transport, d’eau, d’assainissement, etc.).

Mais les touristes font entrer des revenus dans les territoires (Davezies, 2008, Terrier, 2009) rendant possible une offre de services, d’activités qui n’aurait pu exister sans eux. C’est le cas en matière d’hébergement ou de restauration. L’évènementiel ou encore le tourisme sportif peuvent induire la construction d’équipements dont bénéficieront ensuite les populations et inversement. En contribuant à accroître la demande de biens et de services sur un territoire donné, le tourisme permet de rendre viables des activités et/ou des équipements qui ne le seraient pas ou plus difficilement sans lui.

Dans des situations de tensions, de conflits avérés ou à venir, une demande sociale de régulation (Reynaud, 1997) appelle différents modes de gouvernance pour tenter de gérer voire d’organiser cette coprésence.

Les acteurs privés ou publics sont amenés à gérer et réguler des situations de (potentielles) tensions, ponctuelles ou répétées dans le cadre d’une action organisée et institutionnalisée ou d’arrangements locaux (Friedberg, 1997). Dans les différents cas, l’identification des acteurs, des stratégies, des relations de pouvoir permettent de mettre au jour des configurations singulières.

Cette coprésence de groupes d'individus en situation de mobilité ou d'immobilité nécessite des opérations d'identification, de comptage, de simulation et de représentation. L'enregistrement des présences et des mouvements par des moyens technologiques de plus en plus diversifiés (mobile phone, GPS, etc., Edwards and Griffin, 2013, Saluveer et al., 2012, Pucci, 2013) et leur stockage numérique (big data) viennent s’ajouter aux méthodologies traditionnelles. Ces méthodologies nouvelles posent plusieurs enjeux scientifiques : identification et statut des individus ou groupes, formes de la représentation spatiale ou cartographique de leur coprésence, modélisation temporelle et spatiale des flux.

Les propositions de communication qui pourront être théoriques et/ou empiriques pourront s’inscrire dans l’une ou l’autre de ces thématiques. Les analyses et les recherches relevant de différentes disciplines telles que l’aménagement, l’économie, la géographie, l’histoire et/ou la sociologie, etc.) seront les bienvenues.

Références

Davezies L., 2008, La République et ses territoires. La circulation invisible des richesses, Seuil

Edwards D. Griffin T, 2013, Understanding tourist spatial behavior: GPS tracking as an aid to sustainable destination management, Journal of sustainable tourism, vol 21, n° 4, pp. 580 595

Friedberg E., 1997, Le Pouvoir et la Règle. Dynamiques de l'action organisée, Seuil, Paris

Reynaud J.D., 1997, .Les Règles du jeu : L'action collective et la régulation sociale, Armand Colin, Paris,

Saluveer E., Silm S., Ahas R. (2012), Theoretical and Methodological Framework for Measuring Physical Co-Presence with Mobile Positioning Databases, In : Advances in Location-Based Services, G. Gartner and F. Ortag (eds), Berlin Heidelberg, Springer, pp. 247-266.

Pucci P., 2013, Environment and mobility Mobile phone data and mobility policy, TEMA Journal of land use, vol 3, 325 - 340.

Terrier C., 2009, Distinguer la population présente de la population résidente, Courrier des statistiques, n° 128.

 

 

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Key-words: Tourists, inhabitants, tourism destinations, conflicts

The uses of spaces are linked to increasingly widespread and complex mobilities that, in turn, are characterized by multifaceted temporalities. Inhabitants and tourists cross paths and rub shoulders, encounter one another, and may form links or enter into conflict in these spaces. Understanding these interactions calls for an analysis not just of the activities and spaces at the heart of these encounters but also of the kinds of governance put in place to reduce the potential conflicts generated by the practices of these different types of inhabitants.

The uses of places visited may be understood in many ways: perceptions of touristic places are part of a wider range of practices, both touristic and residential. Accordingly, the different categories of people present in these places at the same time (tourists, day-trippers and residents) interact with one another in different ways – or indeed not at all – and establish complex relationships, from mutual ignorance to confrontation. The appropriation of touristic places by these different categories may cause conflicts and competition of use with various temporalities (day, season, etc.), especially in certain conditions (peak seasonality, exceptional events, heavy visitor flows, etc.).

These uses – and their coexistence or confrontation – take place in different kinds of places, from open public spaces (beaches, public squares, public gardens, etc.) to private closed places (amusement parks, hotel resorts, etc.). Tourism destinations can be transformed into places of conflict and/or competition in terms of resources or access to residential real estate, or indeed as a result of pressures on networks and infrastructure (transportation, water, sanitation, etc.).

But tourists also induce income flows (Davezies, 2008; Terrier, 2009) making possible a supply of services and activities that would not have existed otherwise. This is the case in particular for accommodation, housing and restaurant services, for example. Events and sport-related tourism can lead to the building of different kinds of facilities (sports, cultural, etc.) that will be of subsequent benefit to local inhabitants, and vice versa. By inducing growth in demand for goods and services in a given area, tourism allows activities and/or facilities to be profitable, that would not have been profitable otherwise.

In situations of tension, or of actual or anticipated conflict, a social demand for regulation (Reynaud, 1997) calls for different forms of governance with a view to solving conflicts and seeking to manage or even organize this co-presence. Public and/or private actors, working closely with political institutions, are called upon to find local/territorial agreements (Friedberg, 1997) and highlight unique but interesting configurations (of actors, strategies, and power relations).

Identification, quantification, simulation and representation operations are necessary to understand co-presence in touristic places. Increasingly diversified technological tools (including mobile phone, GPS, etc., Edwards and Griffin, 2013, Saluveer et al., 2012, Pucci, 2013) and big data solutions enhance traditional investigation systems. New methodologies revisit scientific challenges and questions, such as tourist and inhabitants identity and status, spatial analysis and co-presence mapping, space–time modelling of flows, etc.

Proposals for papers, which may be theoretical and/or empirical, may refer to one or more of these themes. Analyses and research from different disciplinary fields (planning, economics, geography, history, sociology, etc.) are welcome.

 

References

Davezies L., 2008, La République et ses territoires. La circulation invisible des richesses, Seuil

Edwards D. Griffin T, 2013, Understanding tourist spatial behavior: GPS tracking as an aid to sustainable destination management, Journal of sustainable tourism, vol 21, n° 4, pp. 580 595

Friedberg E., 1997, Le Pouvoir et la Règle. Dynamiques de l'action organisée, Seuil, Paris

Reynaud J.D., 1997, .Les Règles du jeu : L'action collective et la régulation sociale, Armand Colin, Paris,

Saluveer E., Silm S., Ahas R. (2012), Theoretical and Methodological Framework for Measuring Physical Co-Presence with Mobile Positioning Databases, In : Advances in Location-Based Services, G. Gartner and F. Ortag (eds), Berlin Heidelberg, Springer, pp. 247-266.

Pucci P., 2013, Environment and mobility Mobile phone data and mobility policy, TEMA Journal of land use, vol 3, 325 - 340.

Terrier C., 2009, Distinguer la population présente de la population résidente, Courrier des statistiques, n° 128.