S12 - Partenariats, productions et transformations des espaces publics : innovations, défis et controverses

S12 - Partnerships and the production and transformation of public spaces: innovations,challenges and controversies.

Organisation: GUINARD Sandra / SCHALLER Susanna

Mots clés : Partenariats, productions et transformations des espaces publics : innovations, défis et controverses

Les questions et enjeux liés au partenariat public-privé (PPP) apparaissent en Europe dans le courant des années 1980-1990 dans les réflexions de chercheurs issus des sciences politiques (Perry, 1986 ; Le Galès, 1995) et des études urbaines (Ruegg et Mettan, 1994). Si le phénomène, en soi, n’est pas nouveau et la consécration du terme PPP plutôt floue (Le Galès, 1995 ; Da Rold, 2010), la crise pétrolière de 1970 et la transition vers une économie postfordiste, affublée de recettes néolibérales, ont contribué à l’entrée du capital privé (et de ses acteurs) dans l´approvisionnement de services (Sclar, 2000) mais également dans la conduite des affaires urbaines (Sagalyn, 2007). Plus récemment, l’austérité budgétaire (pacte de stabilité européen) et le spectre de la crise financière a encore accentué la prise en charge de certaines tâches traditionnellement dévolues à l’Etat ou aux collectivités par de tiers acteurs. Ces acteurs sont souvent présentés de manière antinomique dans leurs objectifs et contributions. D’un côté on trouve des acteurs privés issus des milieux économiques et d’affaires, promoteurs, fondations, consortiums, agences d’architecture et de paysagisme, etc., dont cette prise en charge revêt en théorie certaines potentialités, notamment financières et d´expertise (Marty, Trosa, Voisin, 2006 ; Sagalyn, 2012; Brash, 2012). En effet, ces acteurs impliqués dans le cadre de projet de régénération ou de redéveloppement urbain, seraient toujours plus soucieux de travailler et de veiller à la qualité des espaces publics afin d´en améliorer l´habitabilité. Certains chercheurs montrent notamment que les enjeux sous-jacents sont liés aux plus-values foncières ainsi qu’à la création de territoires d’exclusivité (Guinand, à paraître ; Birge-Libermann, 2015), les « biens de clubs » ou « club-goods » (Glasze 2001; Warner, 2011; Webster and Lai 2003; Schaller, forthcoming). De l’autre, des acteurs issus de milieux associatifs, souvent « alternatifs », qui voient là une possibilité de tester de nouveaux modes de fonctionnement, de nouvelles idées architecturales et urbanistiques ainsi qu’un potentiel de plus-value sociale et d´usages. Ces interventions informelles mais de plus en plus institutionnalisées dans l’espace public font souvent référence aux pop-ups (Beeksman, De Boer, 2013 ; Schaller & Guinand, 2016;), à l’urbanisme tactique (Lydon et Garcia, 2015 ; Douay et Prévot, 2016) ou encore à l’urbanisme do-it-yourself (Talen, 2015).    

Dans le cadre de cette session, nous souhaiterions dépasser l’approche dichotomique entre acteurs privés et ceux issus des milieux associatifs (not for profit) pour proposer une lecture plus fine de la complexité des rapports et dynamiques à l’œuvre dans la production et l’animation des espaces publics.

Dans le cadre de cette session, il s’agira d’analyser la portée des partenariats public privé en :

1) différenciant les acteurs (qui sont les partenaires ?) ;
2) distinguant les différents modes de gouvernance et leurs implications dans la production des espaces publics ;
3) décrivant les innovations (gestion ; usages ; fonction) ;
4) relevant les contradictions ou polémiques; ou encore en
5) mettant en exergue la réception de ces espaces aux différentes échelles

Cette session sera bilingue : Français avec un support PPT en anglais ou Anglais avec support PPT en français.

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Key-wordsPartnerships and the production and transformation of public spaces: innovations, challenges and controversies

Questions and issues related to public private partnerships (PPP) appeared in Europe during the 1980-90’s in the work and analysis of political scientists (Perry, 1986; Le Gales, 1995) and urban geographers (Ruegg, Decoutere, Mettan, 1994). The validation of PPP is a rather vague terminology (Le Gales, 1995; Da Rold, 2010). Yet, the oil crisis of 1970 and the transition to a post-fordist economy geared toward neoliberal recipes (marked by the Reagan’s and Thatcher’s era) contributed to the generalization of the entry of private interests (and its players) not only in the production of services (Sclar, 2000) but also of the city (Sagalyn, 2007). More recently, constraints on public budget (European stability pact) due to the financial meltdown and continuing threat of financial crises has strengthened these new arrangements in the conduct of tasks traditionally assigned to public authorities or third-party actors, such as quasi-public organizations. These actors are often presented as antinomic to one another in their interests and their capacities. On the one hand, we found private actors from the business and the finance sector, developers, foundations, consortiums, architecture and landscape agencies, who theoretically bring both expertise and financial capacity to the table (Marty, Trosa, Voisin, 2006; Sagalyn, 2012; Brash, 2012). Their interventions in urban development projects are frequently presented as being dedicated to the urban design quality of public spaces to increase liveability. Yet, researches show that the issues at stake are the increase in real-estate values and the creation of exclusive territory (Guinand, forthcoming; Birge-Libermann, 2015), the “club-goods” (Glasze 2001; Warner, 2011; Webster and Lai 2003; Schaller, forthcoming); on the other hand, we have actors, groups, associations (not for profit) usually coming from grassroots movement, who see these interventions as a way to test new modes of governance, new architectural and urban design ideas, as well as a potential to increase the social or the use value of a place. These usually informal but increasingly formally sanctioned and commissioned interventions in public spaces are usually referred to as pop-up landscapes (Schaller & Guinand, 2016, tactical (Beeksman, De Boer, 2013; Lydon & Garcia, 2015; Douay & Prévot, 2016) or do-it-yourself urbanism (Talen, 2015). 

In the scope of this session, we would like to go beyond the dichotomic approach between for-profit actors, public actors and not for profit ones in order to come up with a deeper analysis and understanding of the complexity of relations and dynamics in which these actors engage to shape public spaces.

We welcome papers dealing with public private partnerships, which

1) differentiate between the partners (who are the partners ?);
2) distinguish between the different modes of governance and forms of institutionalization and what they imply for the production of public space.
3) describe innovations (management, uses, functions)
4) reveal the contradictions in these partnerships or the polemics surrounding their implantation; or
5) shed light on the reception of these urban spaces at different scales.

 The session will feature bilingual presentations: English with French PPT or French with English PPT