S19 - Comment nourrir les villes demain?

Organisation: Bernard PECQUER /Emmanuel ROUX

Mots clés: crise alimentaire, agriculture (péri)urbaine, projets agri-urbaines, gouvernance alimentaire territoriale

Depuis quelques années les crises alimentaires semblent se multiplier dans l'univers de la consommation. Dans cette période où l'industrialisation de l'alimentaire est devenue prédominante, le doute s'installe. La question de l'alimentaire n'est plus seulement celle d'assurer la quantité mais d'assumer la fonction complexe d'accomplissement de l'alimentation. F. Ascher (2005) parle dans son ouvrage « le mangeur hypermoderne » comme d'un « livre à la fois sur les pratiques alimentaires et un livre sur la société contemporaine »

Ainsi, sur fond de remise en cause des modèles productivistes de la production et de la distribution alimentaire, la question de l'alimentation des villes agit comme une métaphore du modèle économique dominant. Mais aussi la question alimentaire pénètre et façonne la ville dans ses structures matérielles comme dans ses institutions. C'est donc bien « la ville qui mange » (N. Krausz, I. Lacourt et M. Mariani (2013) que nous proposons d'examiner dans son état et dans ses perspectives.

La mise à l’agenda local et régional de la question alimentaire a suscité l’instauration de nouveaux dispositifs publics et des prises de positions politiques des collectivités territoriales  L’exposition universelle Expo Milano 2015, la régionalisation du Feader et la consolidation des métropoles (Loi Mapam) amplifient cette dynamique qui revisite l‘action publique en faveur des circuits courts et de l’agriculture (péri)urbaine.

Au cours des phases participatives préparatoires du projet Frugal, a été soulignée la modernité des enjeux de «la ville qui mange » et du nouveau « design » de la métropolisation par l’alimentation.

Les conditions de la dynamisation territoriale sont questionnées de plusieurs points de vue : conditions d’activation des flux locaux alimentaires autour des bassins alimentaires métropolitains, modes d’articulation de l’ensemble de ces flux locaux et non locaux et de leur part respective, innovation technico-économique comme réponse de la production, de la transformation et de la distribution à la consommation, invention de nouvelles formes agri-urbaines, conditions et formes d’une gouvernance et action publique renouvelées.

En s’appuyant sur une gouvernance alimentaire territoriale qui relève de l’action politique et suppose des investissements relationnels, institutionnels et cognitifs, mais qui a aussi des dimensions techniques, économiques et géographiques qui conditionnent sa viabilité (Friant Perrot, 2014), les questionnements de la session devraient permettre d'aboutir à l'élaboration de principes d'actions publiques prenant en compte les enjeux d'alimentation urbaine et leurs conséquences sur le  « métabolisme » des villes. L'originalité de l'analyse demandée consiste à ne pas se contenter d'évoquer les mutations du rapport urbain-rural mais la nécessaire évolution des formes urbaines.

Références bibliographiques

Ascher F., 2005, Le mangeur hypermoderne, Odile Jacob, 330 pages.

Krausz N., Lacourt I. et Mariani M., 2013, La ville qui mange, éditions Charles Léopold Mayer, 286 pages.

Friant Perrot M., 2014, The Regulation of Marketing Practices for Tobacco, Alcoholic Beverages and Foods High in Fat, Sugar and Salt- A highly Fragmented Landscape, in Alemanno A. and A. Garde. ed(s)),   Regulating Lifestyle Risks in Europe: Tobacco, Alcohol and Unhealhty Diets. Cambridge University Press, Cambridge .